« C’est un jour nouveau qui commence pour la Mauritanie », c’est le sentiment partagé, hier, après six jours d’âpres négociations entre les trois pôles politiques mauritaniens, à Dakar, sous l’égide du groupe international de contact et du chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade, assisté par son ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.
Le premier point majeur d’achoppement portant sur le report des élections a pu trouver une solution heureuse dans l’accord de Dakar. Aussi, le premier tour de la présidentielle, initialement prévu le 6 juin, a été reporté au 18 juillet et, si nécessaire, l’organisation d’un second tour, le 1er août 2009. Le document note que les signataires s’accordent sur la nécessité d’une transition consensuelle et s’engagent à la gérer ensemble, en participant (volontairement aux élections) au gouvernement de transition nationale et à la constitution de la commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Un certain nombre de mesures consensuelles ont été arrêtées pour la sortie de crise. Pour la période de transition proprement dite, il est prévu, en application de l’article 40 de la Constitution mauritanienne, la signature, par le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdullahi, d’un décret portant formation du gouvernement transitoire. Lequel gouvernement devra intervenir le 6 juin. Les portefeuilles seront répartis de façon paritaire entre le pôle de la majorité parlementaire soutenant Mohamed Ould Abdelaziz, d’une part et, d’autre part, les autres pôles du Fndd et du Rfd. L’accord prévoit que le Premier ministre sera nommé sur proposition du pôle de M. Abdelaziz et les ministères de l’Intérieur, des Finances et de la Communication seront attribués à des personnalités du Fndd et du Rfd.
A la cérémonie de signature de l’accord, le président Wade, donnant ses derniers conseils, a demandé aux parties de poursuivre le dialogue et d’éviter les déclarations dans la presse. Me Wade leur a aussi suggéré d’informer leurs partisans sur le contenu réel de l’accord.
En plus du Groupe de contact international (Gci) composé de l’Union africaine (Ua), de la Ligue arabe, de l’Union européenne (Ue), de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et de l’Organisation des Nations Unies (Onu), il y avait les cinq membres du Conseil de sécurité (la Chine, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et les Usa) plus le Burkina Faso.
Les représentants de la communauté internationale ont tous salué cet accord « historique » et ont promis de soutenir activement le processus de réconciliation en Mauritanie.
Mb. S. DIAKHATE |